L’impact de l’humidité sur les centrales solaires (MID) : un risque sous-estimé
L’humidité, un risque souvent sous-estimé pour les centrales photovoltaïques
Les centrales photovoltaïques sont conçues pour fonctionner pendant plusieurs décennies dans des environnements extérieurs parfois particulièrement exigeants. Les panneaux solaires sont continuellement exposés au soleil, aux variations de température, au vent, aux précipitations et à l’humidité.
Si les modules photovoltaïques sont conçus pour résister à ces conditions, une exposition prolongée à l’humidité peut néanmoins contribuer à certains phénomènes de dégradation. Parmi eux, le MID, ou Moisture-Induced Degradation, désigne les mécanismes de dégradation liés à la présence et à la pénétration de l’humidité dans les modules photovoltaïques.
Ce phénomène peut être difficile à identifier à ses débuts, alors même qu’il peut progressivement affecter les performances et la durée de vie des panneaux.
Qu’est-ce que le phénomène MID ?
Le terme MID (Moisture-Induced Degradation) regroupe différents mécanismes de dégradation favorisés ou provoqués par l’humidité au sein d’un module photovoltaïque.
L’eau et la vapeur d’eau peuvent progressivement interagir avec différents matériaux composant le panneau. Selon la conception du module, la qualité des matériaux utilisés et les conditions environnementales, cette humidité peut favoriser des réactions chimiques, des phénomènes de corrosion ou des dégradations des interfaces entre les différents composants.
Le MID ne correspond donc pas nécessairement à une seule défaillance identifiable. Il s’agit plutôt d’un ensemble de phénomènes pouvant affecter progressivement le fonctionnement du module.
Comment l’humidité pénètre-t-elle dans un module photovoltaïque ?
Les panneaux solaires sont conçus pour limiter la pénétration de l’eau et de l’humidité. Cependant, aucun système d’encapsulation n’est totalement imperméable sur plusieurs décennies.
Avec le temps, les matériaux peuvent vieillir et perdre progressivement certaines de leurs propriétés protectrices. Les variations de température entraînent également des cycles de dilatation et de contraction qui peuvent solliciter les différents composants du module.
Les bords du panneau, les joints, l’encapsulant ou encore la face arrière peuvent ainsi constituer des zones particulièrement importantes à surveiller. La qualité de fabrication, les matériaux utilisés et les conditions d’exploitation jouent également un rôle dans la sensibilité des modules à l’humidité.

Quels sont les effets de l’humidité sur les panneaux solaires ?
L’humidité peut contribuer à plusieurs formes de dégradation susceptibles d'affecter les performances d'une centrale photovoltaïque.
Elle peut notamment favoriser la corrosion de certains composants métalliques ou des connexions électriques. Elle peut également contribuer à la dégradation de certains matériaux d’encapsulation ou de la face arrière du module.
Dans certaines conditions, ces phénomènes peuvent provoquer une augmentation des résistances électriques, des défauts d’isolement ou une diminution progressive des performances électriques du panneau.
À l’échelle d’une centrale composée de plusieurs milliers de modules, même une dégradation limitée sur un nombre important de panneaux peut représenter une perte de production significative.
Humidité et corrosion : un risque pour les composants électriques
La présence d’humidité constitue un facteur important dans les phénomènes de corrosion.
Les composants métalliques présents dans les modules, les connexions et certains éléments électriques peuvent être exposés à des réactions chimiques favorisées par l’eau et l’humidité. Lorsque ces phénomènes progressent, ils peuvent altérer les caractéristiques électriques des composants.
La corrosion peut également fragiliser certaines connexions et augmenter le risque de défauts électriques.
Une surveillance régulière permet de détecter les premiers signes de dégradation et d’éviter qu’une anomalie localisée ne se transforme en problème plus important.
Le rôle des variations de température
L’humidité ne doit pas être analysée indépendamment des conditions thermiques auxquelles sont soumis les panneaux photovoltaïques.
Les cycles de chauffe et de refroidissement répétés peuvent provoquer des variations dimensionnelles des différents matériaux. Sur le long terme, ces sollicitations peuvent contribuer au vieillissement des interfaces et faciliter certains phénomènes liés à la pénétration de l’humidité.
Les périodes chaudes suivies de nuits plus fraîches, mais également les changements rapides de conditions météorologiques, peuvent donc participer aux contraintes subies par les modules au cours de leur exploitation.
C’est pourquoi l’analyse de la dégradation d’un panneau photovoltaïque doit prendre en compte l’ensemble de son environnement d’exploitation.

Pourquoi le MID est-il difficile à détecter ?
L’une des principales difficultés liées à l’humidité est que ses effets peuvent apparaître progressivement.
Un module concerné peut continuer à produire de l’électricité tout en présentant déjà certains mécanismes de dégradation. Une simple inspection visuelle ne permet donc pas toujours d’identifier les premiers signes d’un problème.
L’analyse des performances constitue alors un premier niveau de surveillance. Une baisse progressive ou anormale de la production peut révéler une dérive nécessitant des investigations complémentaires.
Les inspections techniques permettent ensuite d’affiner le diagnostic et d’identifier les modules ou les zones présentant des anomalies.
La supervision pour détecter les baisses de performance
La supervision joue un rôle essentiel dans la surveillance des centrales photovoltaïques.
En suivant régulièrement la production des installations, il devient possible de comparer les performances réelles aux performances attendues et d’identifier des écarts inhabituels.
Une baisse de production ne signifie pas nécessairement qu’un module est affecté par le MID. Elle peut avoir de nombreuses autres causes, comme l’encrassement, un défaut électrique, un problème d’onduleur ou des conditions météorologiques particulières.
L’intérêt de la supervision est donc de détecter rapidement une dérive et de déclencher les analyses nécessaires afin d’en identifier la cause.
La thermographie pour compléter le diagnostic
La thermographie constitue un outil complémentaire particulièrement intéressant pour l’inspection des centrales photovoltaïques.
Une caméra thermique permet d’observer les différences de température à la surface des modules et de repérer certaines anomalies qui ne sont pas visibles à l’œil nu.
Dans le cadre d’un diagnostic, la thermographie peut notamment contribuer à identifier des échauffements anormaux ou certaines anomalies électriques. Elle permet ainsi de cibler plus précisément les zones nécessitant une analyse approfondie.
Les inspections par drone peuvent également faciliter l’analyse de grandes centrales en permettant de couvrir rapidement de vastes surfaces.

L’importance de la maintenance préventive
La maintenance préventive permet d’intervenir avant que les dégradations ne provoquent des pertes importantes de production.
Une stratégie efficace repose sur la combinaison de plusieurs sources d’information : données de supervision, inspections visuelles, contrôles électriques, thermographie et analyse de l’évolution des performances.
Cette approche permet de mieux comprendre l’état réel des équipements et de prioriser les interventions.
L’objectif n’est pas simplement de réparer lorsqu’une panne survient, mais de détecter les signes précurseurs de dégradation afin de préserver la performance et la durée de vie des installations.
Des conditions environnementales à prendre en compte
Toutes les centrales photovoltaïques ne sont pas exposées de la même manière à l’humidité.
Les installations situées dans des environnements particulièrement humides, à proximité du littoral ou dans des zones soumises à des précipitations importantes peuvent être davantage exposées à certains phénomènes de corrosion et de dégradation liés à l’humidité.
Cependant, le risque dépend également de la conception des modules, de la qualité des matériaux, des conditions d’installation et de l’âge de la centrale.
Une analyse adaptée au contexte de chaque installation est donc nécessaire pour évaluer les risques réels.
L’approche Soligest : détecter les anomalies avant qu’elles ne deviennent critiques
Chez Soligest, la surveillance des centrales photovoltaïques repose sur une approche combinant expertise terrain, supervision, analyse des performances et technologies de diagnostic.
L’objectif est d’identifier les anomalies susceptibles d’affecter la production et d’accompagner les exploitants dans la mise en place d’actions de maintenance adaptées.
Les inspections techniques et les solutions de diagnostic avancées permettent notamment d’aller au-delà d’une simple observation visuelle afin de mieux comprendre l’état des modules et des différents équipements.
Cette approche préventive contribue à limiter les pertes de production et à préserver la performance des centrales sur le long terme.


